Il était une fois… le contrôle technique

Vieille voiture cassée

Qui a eu cette idée folle d’un jour inventer le contrôle technique ? Le CT, pour les intimes, ne date pas d’hier ! En effet, la sécurité de la voiture est un thème qui préoccupe depuis très longtemps les Français. Mais comment le contrôle technique automobile, cet examen qui nous pose parfois des ennuis, est-il devenu obligatoire et périodique ?

Le contrôle technique : un long roman

Fardier

Pour conter l’histoire du contrôle technique, il nous faut remonter à la nuit des temps… ou presque.  Le premier véhicule ressemblant un tant soit peu à une automobile était un fardier. Créé en 1861 par M. Cugnot, ce véhicule était composé de trois roues, ressemblait à un camion et utilisait une chaudière à vapeur pour avancer.

En 1866, un premier règlement concernant les automobiles est mis en place. Il oblige tout véhicule circulant sur les routes de France à passer une visite technique au préalable. C’est le service des Mines qui est chargé de ce « contrôle technique », sur ordre du Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des travaux publics. Créé dès 1774, ce service, dépendant de l’Etat, est en fait l’ancêtre du contrôle technique !

Les véhicules à vapeur devaient répondre à certains critères, comme ceux d’aujourd’hui avec le contrôle technique. Ils ne devaient pas répandre d’odeur, ne pas effrayer les chevaux, toujours utilisés à cette époque, brûler leur fumée et présenter des bandages de roues.

Le contrôle technique se précise avec le moteur à explosion

Prefet lépine

Un peu moins de 30 ans plus tard, le préfet Lépine règlemente à son tour les véhicules, et surtout les voitures à moteur à explosion. De nouveaux critères sont donc ajoutés au contrôle technique pour la sécurité de la voiture, et surtout celle de ses passagers. Pour la première fois, les notions de vitesse, en fonction des modèles, et d’éclairage nocturne sont mentionnées dans les critères du contrôle technique.

Toujours dans le but de renforcer la sécurité des automobilistes français, le service des Mines gagne en responsabilités et le 10 mars 1899, trois nouvelles mesures sont imposées dans le contrôle technique automobile :

  • L’article 11 de ce nouveau décret impose la remise d’un certificat de capacité de conduite à toute personne désirant conduire sans permis une automobile : en fait, c’est l’ancêtre du permis !
  • Tous les véhicules doivent être munis d’une plaque minéralogique délivrée par les préfectures
  • Le véhicule doit répondre à la conformité des mesures de sécurité imposées par l’ancêtre du contrôle technique

Le code de la route nait ensuite en 1921 et regroupe alors tous les textes de lois concernant les automobiles, dont les articles concernant le contrôle technique.

 1972 : le contrôle technique prend une nouvelle ampleur

 Sécurité routière

 En 1972, la France enregistre plus de 16 000 tués sur les routes et décide de réagir pour la sécurité des automobilistes. Le Gouvernement crée alors « la Délégation à la Sécurité Routière » chargée de proposer et veiller à l’application de solutions pour la sécurité automobile.

Plusieurs initiatives sont alors prises dans les années suivantes pour la sécurité routière :

  • 1976 : Une directive européenne impose aux pays membres d’adopter le contrôle technique pour l’ensemble de leur parc automobile, même si les critères ne sont pas identiques
  • 1985 : La France renforce le contrôle technique et le rend obligatoire pour la vente des voitures de plus de 5 ans
  • 1988 : nouveau pas dans la sécurité voiture : le contrôle technique est dorénavant obligatoire pour tous les véhicules légers de moins de 3,5 tonnes, de manière périodique, et les défauts relevés devront faire l’objet d’une contre-visite.
  • La même année, l’Etat décide de confier la sécurité voiture à des organismes privés. De nombreuses entreprises voient alors le jour pour effectuer le contrôle technique automobile. Ce n’est qu’en 1989 que l’indépendance du contrôleur technique et du garage automobile est rendue obligatoire.

 

C’est à partir du 1er janvier 1992 que l’ensemble de ces décrets sont appliqués. La périodicité du contrôle technique ainsi que les différents points de contrôle pour assurer la sécurité de la voiture sont inscrit dès lors dans le code de la route.

Depuis 22 ans, le contrôle technique a encore évolué. S’il garantissait un examen complet du véhicule sans démontage des parties, c’était sans compter sur le contrôle technique des véhicules électriques et hybrides qui demande aujourd’hui une attention particulière.

De nouvelles mises à jour seront également appliquées sur le contrôle technique dans un futur plus ou moins proche. En effet, cet examen garantissant la sécurité de la voiture se verra harmonisé sur le plan européen dès 2018. De plus, il est certain que le contrôle technique évoluera en fonction de la technologie des véhicules qu’il examine, à quand celui de la voiture volante ?

Comments

  1. François says

    Bonjour,

    Bel article historique sur le Contrôle technique :-)

    Auriez-vous connaissance du premier pays à avoir mis en place une règlementation de type « contrôle technique » en Europe ? Et quel pays a systématisé le CT en Europe ? La France a été parmi les derniers à le rendre obligatoire en 1992.

    Merci par avance :-)

    • admin says

      Bonjour, heureux de voir que vous appréciez cet article :)
      C’est vrai, la France a été le dernier pays à mettre en place cette réglementation et malgré nos recherches, nous n’avons pas trouvé le premier pays européen à l’avoir fait. En ce qui concerne la systématisation du contrôle technique dans les pays d’Europe, c’est une directive de 1976 (77/143/CEE) du Conseil européen qui en est à l’origine.
      Bonne journée :)

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